N° 26 Octobre 2008
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Interview
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Je préfère que le lecteur se pose la question après avoir lu !
Plus sérieusement, cet ouvrage devrait permettre au lecteur de retenir des choses simples, mais qu’il fallait démontrer, afin de dépasser le stade des présomptions.
« Non » et c’est capital. Pour répondre, je me réfère au chapitre appuyé sur les travaux d’un avocat spécialisé. Le Livre Blanc explique que non seulement le médecin peut s’absenter mais, de plus, que le rapport d’activité produit par l’appareil peut se révéler utile à la défense du praticien. Donc c’est presque le contraire de ce qu’en pensent beaucoup a priori. Enfin, le Livre Blanc expose les principes du consentement éclairé du patient. Ce sont des points très pratiques et concrets pour le lecteur cardiologue.
Nous voulions faire un point complet sur notre sujet, avec d’un côté les études, et de l’autre le vécu du terrain c’est-à-dire nos attentes et nos interrogations. Si des incertitudes demeurent, on relève une attitude générale positive, car la télécardiologie décharge le médecin de tâches techniques répétitives au profit du temps passé auprès des patients. La télécardiologie devrait être perçue par les cardiologues comme un retour au cœur de notre métier.
Avec AWARE puis ŒDIPE, études toutes deux publiées, les premières réponses en termes de bénéfices pour le patient sont apportées. Avec E-cost, Compas et Evatel, études en cours, on entre véritablement dans la phase de validation médico-économique. Cela veut dire qu’il faut prévoir des changements d’ordre organisationnel. Nous devrons intégrer de nouveaux acteurs de santé aptes à relever les informations, régler les problèmes techniques et, le cas échéant, donner l’alerte au médecin. Cette organisation ne sera possible qu’en mettant en place des filières adaptées.
D’autre part, la question de la rémunération pour le médecin qui effectue ce suivi à distance doit être débattue. L’Allemagne a déjà mis en place depuis le 1er janvier de cette année le remboursement de la consultation cardiologique à distance, pourquoi pas nous ? Le forfait me semblerait le plus adapté à condition que le niveau global de rémunération reste du même ordre que celui lié à la consultation présencielle. Mais plus que le temps consacré à la lecture d’informations, c’est le temps regagné au profit de l’écoute et du dialogue, – source de qualité de soin et d’économie à long terme –, qu’il faut valoriser.
Prévention et intervention précoce sont les bénéfices qu’on peut attendre de la télécardiologie ; sachons les mettre à profit.
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La cosignataire du Livre Blanc, Denise Silber est spécialiste de l’emploi des Nouvelles Technologies dans le secteur de la Santé. |
La Télécardiologie fait partie de la télémédecine, une discipline qui produit des résultats remarquables depuis les années 70, mais qui se heurte souvent aux contraintes organisationnelles et administratives d’un système qui a été pensé avant qu’elle n’existe.
Oui, pour deux raisons : premièrement, alors que dans diverses branches de la télémédecine on en est encore souvent à : démontrer que l’on peut faire aussi bien à distance que ce qui se fait en consultation, la situation est presque inversée pour la télécardiologie. Dans le cas de la télécardiologie, ce qu’on peut faire à distance en continu est supérieur à ce que on peut faire, si nous sommes limités à la consultation ponctuelle. La consultation programmée a peu de chances d’être aussi productive que la consultation induite par un événement qui a été détecté grâce au télémonitorage. Et c’est démontré par plusieurs études, dont une(*) qui montre la « règle des 20/80 » : par l’analyse rétrospective de 1769 consultations, les auteurs ont constaté que dans 78 % des rendez-vous programmés, aucune donnée pertinente n’a émergé ; à l’inverse, dans 80,6 % des visites non programmées, des données pertinentes ont été relevées. Or, en France, les consultations programmées sont encore la règle.
Deuxièmement, il est possible de mettre en œuvre la télécardiologie sur un pourcentage important des porteurs de dispositifs cardiaques, car ce n’est pas très compliqué. C’est plus facile à appliquer que ce qui est demandé à des patients porteurs d’autres pathologies chroniques, comme notamment le diabète. Selon l’association de patients APODEC, que nous avons interrogée, les patients et leur entourage devraient être nombreux à comprendre l’intérêt du suivi par télécardiologie.
Au total, il faut s’y résoudre, car tout converge : la courbe du nombre de patients à soigner va augmenter dans les temps à venir, plus rapidement que la démographie médicale ne permettra de les suivre. Les patients vont être de plus en plus demandeurs ; c’est ainsi que la télécardiologie pourrait bien se trouver à la pointe du mouvement de la télémédecine.
(*) Europace 2008 10(3):351-357; doi:10.1093/europace/eun010. Société Européenne de Cardiologie.
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Le Secrétaire d’Etat à l’Industrie Luc Chatel a reçu de Pierre Gattaz, président de la FIEEC, le rapport commandé par son prédécesseur pour relancer une ambition industrielle en France. Visionnaire, il préconise de remettre à l’ordre du jour les grands programmes industriels grâce aux TIC, au nombre desquelles l’E-SANTE.
« Il faut anticiper les besoins du pays à 10, 15 ou 30 ans, en prenant en considération les grandes contraintes (…). Il faut répondre à l’augmentation des besoins de soins tout en réduisant les dépenses de santé. C’est réalisable grâce à la généralisation de la télémédecine. » Pierre Gattaz